Serge Lutens
Serge Lutens

Le Participe Passé

Eau de Parfum

4.9/5 | 8 avis
78,00
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Le Participe Passé, nouveau parfum androgyne et oriental signé Serge Lutens

Serge Lutens est un personnage bien atypique qui nous entraîne dans un univers à la fois ambigu et mystérieux mais toujours très luxueux. Ses parfums n'ont rien de commun avec ce qui se fait habituellement dans le monde de la parfumerie. Ils sont globalement assez atypiques et s'adressent à des fins connaisseurs en quête de nouveauté. Tous dissemblables, les jus de Serge Lutens sont le résultat d'un imaginaire sans bornes. Aujourd'hui, la collection de ce créateur de renom s'enrichit. Le nouveau venu de la gamme se nomme Le Participe Passé.

L'univers mystérieux de Serges Lutens

Si Serge Lutens fascine autant c'est tout simplement parce qu'il a une vision très décalée du monde et que cela resurgit dans chacun de ses parfums. Véritable parfumeur de génie, il est un visionnaire qui n'hésite pas à créer de nouvelles tendances. Si rien ne le prédestinait à l'univers du parfum, il affirme haut et fort qu’il s’est imposé à lui « par la force des choses ». Si tous les parfums de Serges Lutens possèdent un flacon identique et rectangulaire, ils nous entraînent tous des univers variés et possèdent des senteurs très prononcées. Dans sa boutique du Palais Royal de Paris trônent d'innombrables chefs-d’œuvre olfactifs. C'est donc pour toutes ces raisons que le parfum Le Participe Passé est particulièrement attendu des amateurs d’essences nobles.

Serge Lutens et sa vision trouble du passé

Le Participe Passé possède un souffle très résineux. En réalité, sa senteur émane directement des souvenirs du créateur. Serges Lutens fait partie de ceux qui aiment s'inspirer de leur passé pour confectionner des fragrances futuristes. Il faut dire que Serges Lutens possède une enfance bien tumultueuse. Très tôt séparé de sa mère, il ressent encore aujourd'hui un manque terrible et semble combler ce vide à travers ses parfums. Ici, Le Participe Passé est évocateur de son enfance au Maroc. Il nous restitue le souffle oriental, rond et chaleureux de ce pays. Il en résulte une essence androgyne, destinée tout autant aux hommes qu'aux femmes, et dont seul Serge Lutens a le secret.

Le Participe Passé, une essence élégante et résineuse

Le Participe Passé se révèle dans l'habituel flacon rectangulaire de Serge Lutens et met en avant une couleur chaleureuse et ambrée à travers ses parois transparentes. À l'intérieur, il contient un parfum chargé de baumes égyptiens et de résines. Plus que jamais, la partie orientale du globe resurgit de ce souffle ensorcelant. Des saveurs fruitées apportent également à l'ensemble une sensation plus gourmande et juteuse. La fraîcheur se mêle ainsi à la chaleur ardente du soleil du désert. Comme tous les parfums de Serge Lutens, Le Participe Passé affiche une présentation très élégante, fournie avec un simple bouchon ou un embout vaporisateur, de quoi varier à votre guise son mode d'application.

Famille olfactive
Pyramide olfactive
Notes de têtePremière impression, s'évapore en 15-30 min
Notes de cœurCœur du parfum, dure 2-4 heures
Notes de fondSillage persistant, jusqu'à 24 heures
Année de création2018

Alcohol, parfum (fragrance), aqua (water), benzyl benzoate, benzyl alcohol, ethylhexyl methoxycinnamate, limonene, diethylamino hydroxybenzoyl hexyl benzoate, geraniol, linalool, alpha-isomethyl ionone, citronellol, coumarin, ci 19140 (yellow 5), farnesol, benzyl salicylate, ci 60730 (ext. Violet 2), ci 17200 (red 33),Bht

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Le Participe Passé
Serge Lutens
Le Participe Passé Eau de Parfum
78,00

Notre avis expert

Le Participe Passé, c'est Serge Lutens qui fait du Serge Lutens — mais en plus radical. Ce parfum oriental lancé en 2018 ne ressemble à rien de ce qu'on trouve ailleurs, et c'est exactement pour ça qu'il divise. L'armoise en ouverture, c'est frontal, presque médicinal, avec cette amertume verte qui surprend au premier spray. Cette note herbacée évoque les tisanes de grand-mère ou les onguents d'apothicaire. Puis la bergamote vient tempérer cette brutalité olfactive avec sa fraîcheur citronnée, comme un rayon de soleil qui perce la brume, avant que le vrai spectacle commence.

Un oriental qui bouscule les habitudes

En boutique, on prévient toujours les clients : ce n'est pas un parfum de transition. Le cumin arrive avec sa force épicée, cette note qui évoque la peau chauffée par le soleil, et se mélange au cuir avec des accents presque tannés qui rappellent les ateliers de maroquinerie. Ces matières brutes se marient avec des notes fruitées — probablement figue ou datte — qui semblent presque déplacées dans ce chaos contrôlé mais qui apportent une douceur inattendue. Le patchouli et les résines du fond, labdanum et benjoin, ancrent tout ça dans une sensualité animale que seul Lutens ose pousser aussi loin. C'est du grand art, mais il faut assumer cette audace olfactive.

Cette composition orientale s'adresse à ceux qui cherchent un parfum signature — quelque chose qu'on ne confondra jamais avec autre chose. La famille orientale est ici poussée dans ses retranchements, entre animalité assumée et sophistication technique digne des plus grands nez. Le caramel en fond de teint, probablement sublimé par la vanille, apporte juste ce qu'il faut de gourmandise pour éviter que l'ensemble tombe dans la caricature du parfum trop épicé. Cette note sucrée agit comme un liant, unifiant tous ces éléments disparates.

Le Participe Passé fait partie de ces créations qui marquent une garde-robe olfactive. On ne le porte pas tous les jours — on le garde pour les moments où on veut laisser une empreinte mémorable, pour ces soirées où l'on assume pleinement sa personnalité. Sa tenue est exceptionnelle, facilement 8 à 10 heures sur la peau, avec un sillage modéré mais persistant. C'est du Lutens dans ce qu'il a de plus abouti et de moins consensuel, une création qui confirme le génie de ce parfumeur inclassable.

L'univers olfactif

Famille olfactiveOriental
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En savoir plus

Ce que cette composition révèle de l'art Lutens

Quand Serge Lutens compose Le Participe Passé en 2018, il pousse l'exercice de style jusqu'au bout. L'armoise en tête, c'est du jamais vu en parfumerie féminine — cette note amère, presque pharmaceutique, qui déroute au premier contact. Pourtant, elle trouve sa justification dans l'architecture générale : elle prépare au cumin, cette épice controversée que beaucoup de nez refusent d'utiliser. Ici, elle fonctionne parce qu'elle s'inscrit dans une logique olfactive où chaque élément pousse l'autre vers plus d'intensité. Les notes fruitées du cœur, loin d'adoucir l'ensemble, créent un contraste saisissant avec le poivre qui les accompagne.

Cette approche de la composition, c'est la signature Lutens dans toute sa splendeur : ne jamais faire ce qu'on attend, mais toujours faire sens. Le passage des résines au caramel en fond illustre parfaitement cette philosophie. On s'attend à de la lourdeur avec les résines, et le caramel arrive pour tout changer — pas pour sucrer, mais pour créer une texture olfactive unique. C'est technique, c'est assumé, et c'est exactement pour ça que ça marche.

Pourquoi ce parfum divise notre clientèle

En douze ans de conseil, j'ai rarement vu un parfum susciter des réactions aussi tranchées que Le Participe Passé. D'un côté, il y a ceux qui sentent l'armoise et partent en courant — trop âpre, trop médicinal pour leur goût. De l'autre, ceux qui reconnaissent immédiatement la patte Lutens et ne jurent que par lui. Le cumin, surtout, fait le tri : soit on comprend sa présence dans cette architecture orientale, soit on ne supporte pas cette animalité assumée. C'est un parfum sans zone de confort, et c'est exactement ce qui fait sa force.

Les clientes qui l'adoptent ont souvent un profil particulier : elles connaissent déjà la marque, elles assument leur singularité, elles ne cherchent pas à plaire à tout le monde. Le cuir et le patchouli du fond confirment cette approche — on est loin des orientaux poudrés ou vanillés que tout le monde porte. Ici, l'oriental devient un manifeste, une façon de se démarquer par le parfum. C'est polarisant, mais c'est voulu.

La technique derrière l'audace olfactive

Ce qui impressionne dans Le Participe Passé, c'est la maîtrise technique derrière l'apparente anarchie. Mélanger armoise, cumin et cuir demande une précision chirurgicale dans les dosages. Trop d'armoise, et le parfum devient imbuvable. Pas assez de cumin, et on perd cette signature animalité qui fait l'identité du parfum. Le travail sur les résines est particulièrement fin — elles apportent la profondeur sans l'opacité, elles structurent sans écraser. C'est du grand art de parfumerie, même si le résultat peut surprendre.

La bergamote en tête joue un rôle crucial qu'on ne mesure qu'après plusieurs portés. Elle ne se contente pas d'éclaircir l'armoise — elle prépare la transition vers les notes fruitées du cœur, créant une passerelle olfactive nécessaire. Sans elle, le passage de l'amertume de tête à la complexité du cœur serait trop brutal. Cette intelligence de composition, c'est ce qui différencie Lutens des parfumeurs qui font dans l'effet de manche. Ici, chaque note a sa raison d'être, même si l'ensemble peut dérouter.

Comment porter ce parfum sans faux pas

Le Participe Passé demande une approche particulière — on ne le vaporise pas comme un parfum classique. Deux pulvérisations suffisent largement, et surtout pas sur les vêtements où le cumin pourrait tourner. La peau réchauffée révèle mieux le travail sur le caramel et les résines, ces notes qui équilibrent la composition. L'idéal, c'est de le tester en fin d'après-midi pour voir comment il évolue — le matin, l'armoise peut paraître trop agressive, alors qu'en soirée, toute la richesse du fond se déploie.

Question saisonnalité, c'est définitivement un parfum d'automne et d'hiver. Les beaux jours ne lui rendent pas justice — il a besoin de fraîcheur pour que ses facettes les plus intéressantes se révèlent. En été, le cumin devient entêtant, et l'ensemble perd de sa sophistication. Par contre, dès les premiers froids, il reprend tous ses droits. C'est un parfum de caractère qui demande le bon moment et la bonne humeur — quand on a envie d'affirmer sa différence plutôt que de se fondre dans la masse.