Serge Lutens
Serge Lutens

La Couche du Diable

Eau de Parfum

5.0/5 | 4 avis
78,00
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« Mettre en demeure le diable ne suppose plus l’enfer. La Terre déjà y pourvoie ! ‘ A grand feu’ n’est plus de mon goût ce jour. Préférant aux flammes la braise, mon remords regagne la nuit. »

La Couche du Diable, nouveau brasier olfactif de Serge Lutens

Qui d'autre que Serge Lutens pour évoquer l'ange des abîmes, le mal absolu : le diable ? Ce créateur atypique aime surprendre et nous laisse très souvent entrevoir son esprit torturé dans ses créations. Ainsi, le nom de ce nouveau parfum a de quoi en étonner plus d'un. La Couche du Diable est à la fois intrigant et captivant, tout en allant presque jusqu'à nous faire peur. Alors, qu'en est-il de ce nouveau jus qui semble brûler d'un feu intérieur ?

Pourquoi une telle noirceur dans l'esprit de Serge Lutens ?

Alors que la plupart des parfumeurs tachent d'évoquer le beau et la poésie dans leur création, Serge Lutens va totalement à contre-courant de cette tendance, en explorant des territoires parfois très sombres. Baptême du Feu, Cannibale, Cracheuse de Flammes ou encore L’incendiaire son nom de certains de ses parfums. En réalité, c'est tout simplement que Serge Lutens ne veut pas mettre de limites à sa créativité. Pour lui, « Choisir un parfum c'est oser être soi-même. Le choix vous appartient ! ». Ainsi, il nous a habitué à une parfumerie non conventionnelle, réservée aux initiés et aux fins connaisseurs de parfums. La Couche du Diable est une nouvelle démonstration de son esprit d'avant-garde, de sa vision espiègle et provocatrice de la parfumerie.

La présentation énigmatique de La Couche du Diable

Comme toujours, Serge Lutens accompagne le nouveau parfum La Couche du Diable d'une situation bien énigmatique en guise de description : « Mettre en demeure le diable ne suppose plus l'enfer. La Terre déjà y pourvoie. 'A grand feu' n'est plus de mon goût ce jour. Préférant aux flammes la braise, mon remords regagne la nuit. », ce à quoi il ajoute une interrogation : « Comment s'inviter au couronnement de Satan quand celui qu'il convie n'a pas encore goûté au péché ? Oud et ciste compose ici la couche d'un premier remords aussi démoniaque que somptueux ». Il s'agit là des seuls éléments communiqués par le créateur pour essayer de nous faire comprendre l'univers de ce nouveau jus. Il faudra donc vous en contenter !

Le bois de oud et le labdanum comme éléments centraux

Si Serge Lutens est un parfumeur assez déroutant, il n'en est pas moins très exigeant et talentueux. Pour lui, être parfumeurs n'est pas un métier mais un art. Il n'hésite donc pas à employer les matières précieuses les plus prestigieuses dans sa création. La Couche du Diable en est un parfait témoignage. Il intègre du bois de oud, l'une des odeurs les plus fascinantes qui soit. Ce bois précieux n'a pas son pareil pour faire planer le mystère dans les parfums qui en contiennent, tout en y déposant une saveur riche, masculine et complexe. Ici, il améliore considérablement la ténacité de ses parfums. Il s'accompagne également de ciste labdanum, une résine André et animale, emblématique des parfums orientaux et chyprés.

Famille olfactive
Année de création2019

ALCOHOL, DIPROPYLENE GLYCOL, AQUA (WATER), PARFUM (FRAGRANCE), BUTYL METHOXYDIBENZOYLMETHANE, ETHYLHEXYL METHOXYCINNAMATE, LIMONENE, EUGENOL, CITRONELLOL, GERANIOL, CI 19140 (YELLOW 5), LINALOOL, CITRAL, CI 17200 (RED 33), CI 42090 (BLUE 1), BHT

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La Couche du Diable
Serge Lutens
La Couche du Diable Eau de Parfum
78,00

Notre avis expert

Quand Serge Lutens baptise un parfum "La Couche du Diable", on sait qu'on ne va pas avoir affaire à quelque chose de consensuel. Cette eau de parfum de la Collection Noire, créée en 2019, assume complètement son côté sulfureux avec un oriental boisé qui n'épargne personne. Oud, rose et cannelle s'entremêlent dans une composition que Christopher Sheldrake a voulue aussi addictive qu'irrésistible — et le pari est réussi. Dès la première pulvérisation, l'intensité frappe. On reconnaît immédiatement la patte Lutens dans cette approche sans filtre de l'oriental, où chaque matière première exprime sa personnalité la plus brute. L'oud birman utilisé ici possède cette animalité caractéristique qui peut dérouter les non-initiés, mais c'est justement ce qui fait son charme ravageur.

Un parfum qui divise autant qu'il fascine

En boutique, on remarque tout de suite que serge lutens la couche du diable ne laisse personne indifférent. Les clients ont tendance à reculer légèrement au premier contact — cette bouffée d'oud et de résines peut surprendre. Puis ils reviennent, intrigués par cette gourmandise sombre qui titille. C'est exactement l'effet recherché : un parfum qui interroge avant de séduire, qui dérange avant de rendre accro. J'ai observé des clientes rester perplexes pendant de longues minutes, retournant sentir leur poignet avec une fascination grandissante. Une m'a même avoué avoir rêvé de cette odeur après son premier test. La projection est remarquable sans être agressive — on sent le parfum évoluer dans un rayon d'un mètre, créant une aura mystérieuse autour de celle qui le porte.

La composition joue sur le contraste entre la douceur confite de la rose et l'animalité de l'oud. Le labdanum apporte cette texture résineuse si caractéristique des orientaux de la maison, tandis que la cannelle réveille l'ensemble d'une pointe épicée. On est dans du grand Lutens : de la matière, de l'émotion, et zéro compromis commercial. La rose utilisée n'est pas celle, poudrée et sage, des parfums classiques, mais une rose aux accents cuirés qui dialogue avec l'oud dans un jeu de séduction trouble. Cette cannelle, quant à elle, évoque les épices grillées des souks, avec une chaleur presque brûlante qui réchauffe la composition. La tenue est exceptionnelle : après huit heures, il reste encore des traces gourmandes sur la peau, comme un souvenir tenace de cette rencontre olfactive.

C'est le type de parfum qu'on conseille aux amatrices d'orientaux assumés, celles qui portent déjà Ambre Sultan ou Chergui sans sourciller. Pour les autres, mieux vaut tester longuement avant de craquer — mais quand on craque, c'est pour de bon. Je le recommande particulièrement aux femmes qui aiment affirmer leur personnalité par leur parfum, celles qui n'ont pas peur d'attirer l'attention. Il faut une certaine assurance pour porter La Couche du Diable, car il ne passe jamais inaperçu. En soirée, il devient magistral, créant une signature olfactive mémorable que les gens associeront définitivement à vous.

L'univers olfactif

Famille olfactiveOriental Boisé
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Christopher Sheldrake signe là un de ses orientaux les plus audacieux

Avec La Couche du Diable, Christopher Sheldrake prouve qu'il maîtrise parfaitement le talent de l'oriental moderne. Contrairement aux créations plus accessibles de certaines maisons, ici chaque matière première est poussée dans ses retranchements. L'oud n'est pas édulcoré, la rose garde son côté capiteux, et le mélange résine-épices assume totalement son caractère addictif. On reconnait la patte Sheldrake dans cette façon de construire des accords qui semblent impossibles sur le papier mais qui fonctionnent parfaitement sur la peau.

Le parfumeur s'inspire clairement des grands classiques de la maison — on pense à Ambre Sultan pour la gourmandise, à Chergui pour l'épice — mais il y ajoute cette dimension "diabolique" qui fait toute la différence. Le labdanum, matière fétiche de Serge Lutens, sert ici de liant entre des composants qui auraient pu se battre. Résultat : une harmonie troublante qui évolue constamment sur la peau, révélant de nouveaux aspects au fil des heures.

La rose confite rencontre l'oud sauvage : un mariage explosif

Ce qui frappe d'abord dans serge lutens la couche du diable, c'est cette rose qui n'a rien de romantique. Sheldrake l'a travaillée dans sa version confite, presque confiserie, puis l'a mariée à un oud qui garde toute son animalité. Sur certaines peaux, cette association peut paraître dérangeante — on oscille entre attraction et répulsion. C'est exactement l'effet recherché : un parfum qui bouscule, qui interroge, qui ne se contente pas d'être joli.

La cannelle vient réveiller cette alliance rose-oud d'une note épicée qui rappelle les souks de Marrakech. Mais attention, on n'est pas dans l'orientalisme de carte postale. Ici, l'épice mord, elle a du caractère. Le musc et l'ambre en fond viennent adoucir l'ensemble sans jamais le domestiquer complètement. Résultat : un sillage qui fait se retourner, pas toujours pour les bonnes raisons d'ailleurs, mais qui ne laisse jamais indifférent.

Pour qui ose porter un parfum qui fait débat

Soyons clairs : La Couche du Diable ne s'adresse pas à tout le monde. En douze ans de conseil, j'ai appris à reconnaître les clientes qui vont l'adopter. Ce sont celles qui portent déjà des orientaux costauds, qui n'ont pas peur du sillage, qui assument de sentir fort. Celles qui considèrent le parfum comme un accessoire de personnalité, pas comme un faire-valoir discret. Si vous portez du Thierry Mugler Angel sans sourciller, si vous adorez Tom Ford Tobacco Vanille, alors vous avez le profil.

Côté occasions, c'est clairement un parfum du soir ou de l'automne-hiver. Le porter en plein été ou au bureau relève de la provocation — et pourquoi pas, après tout. Mais il trouve vraiment sa place dans les soirées où on veut marquer les esprits, les dîners en amoureux où on assume sa sensualité, les moments où la discrétion n'est pas au programme. C'est un parfum de caractère pour des femmes de caractère — et accessoirement, il plaît aussi beaucoup aux hommes qui aiment les orientaux gourmands.

Dans la lignée des grands orientaux Lutens, en plus radical

La Couche du Diable s'inscrit dans la droite lignée des monuments orientaux de Serge Lutens — Ambre Sultan, Chergui, Fleurs d'Oranger — mais en poussant le curseur encore plus loin. Là où Ambre Sultan reste séduisant dans sa gourmandise, La Couche du Diable choisit la confrontation. Là où Chergui charme par son côté poudré, cette création-ci assume son côté brut. C'est comme si la maison avait voulu prouver qu'elle pouvait encore surprendre après plus de trente ans d'existence.

Dans la Collection Noire, il se distingue aussi des autres créations par son côté moins intellectuel, plus viscéral. Contrairement à certains Lutens qui demandent réflexion, celui-ci frappe d'abord au ventre. On aime ou on n'aime pas, mais on ne reste pas neutre. C'est probablement ce qui en fait un parfum culte en devenir — ces créations clivantes ont souvent tendance à traverser les années mieux que les consensus mous.