
First
Eau de Toilette
5.0/5 | 16 avisCe produit est actuellement indisponible

Notre avis expert
Van Cleef & Arpels First marque une date dans l'histoire : 1976, année où un joaillier de prestige ose se lancer dans la parfumerie avec un floral aldéhydé qui claque. On ne rigole pas avec les aldéhydes — soit on adhère à cette effervescence pétillante en ouverture, soit on passe son chemin. Chez nous, on a vu des clients tomber sous le charme dès la première pulvérisation, d'autres avoir besoin d'apprivoiser ces bulles olfactives qui éclatent avec la bergamote, le cassis et la pêche.
Un bouquet floral de haute couture signé Jean-Claude Ellena
Ce qui frappe d'emblée avec First, c'est cette générosité florale assumée. Jasmin, rose turque, tubéreuse, œillet, iris, muguet — Jean-Claude Ellena ne fait pas dans la demi-mesure. Le cœur déploie un jardin à la française où chaque fleur garde sa personnalité tout en participant à l'ensemble. La tubéreuse apporte cette sensualité crémeuse, l'iris cette poudre aristocratique, le jasmin cette opulence solaire qui fait mouche.
En fond, Van Cleef & Arpels mise sur la complexité avec civette, mousse de chêne, miel et cette vanille qui vient adoucir l'ensemble. Le santal et le vétiver structurent cette pyramide généreuse tandis que l'ambre réchauffe le tout. C'est un parfum qui se mérite — il faut avoir envie de porter quelque chose d'affirmé, de féminin sans compromis, loin des eaux florales timides.
First s'adresse aux femmes qui assument leur féminité et n'ont pas peur d'un sillage qui se remarque. Un parfum de caractère pour des personnalités qui le sont tout autant.
L'univers olfactif
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1976 : quand Van Cleef & Arpels bouleverse les codes
Imaginez un peu le culot : un joaillier parisien, habitué à faire briller diamants et saphirs, qui décide de se frotter à la parfumerie. En 1976, quand la plupart des maisons de couture ont déjà leur fragrance, Van Cleef & Arpels débarque avec First et pose d'emblée ses règles du jeu. Pas question de faire dans la discrétion — la maison signe un floral aldéhydé qui assume pleinement son côté spectaculaire. On comprend vite que derrière cette audace se cache une vision : transposer le savoir-faire du bijou dans le savoir-faire du parfum.
Cette démarche pionnière influence encore aujourd'hui l'approche de la maison. First a ouvert la voie à toute une lignée de parfums Van Cleef & Arpels, mais il garde ce statut particulier de fondateur, de premier né qui porte encore l'empreinte de cette époque où créer un parfum quand on était joaillier relevait de l'audace pure. En boutique, on voit bien que First continue d'attirer les clientes qui cherchent autre chose que les lancements mainstream — quelque chose qui porte une histoire, une légitimité différente.
Jean-Claude Ellena et la maîtrise des accords floraux
Quand on parle de First, impossible de ne pas évoquer Jean-Claude Ellena, qui signe ici l'une de ses créations les plus généreuses. À cette époque, le parfumeur n'a pas encore développé cette approche minimaliste qu'on lui connaîtra plus tard chez Hermès. Avec First, il montre sa capacité à orchestrer un bouquet complexe sans que rien ne dépasse. Le dosage des aldéhydes en ouverture, c'est du grand art — assez pour créer cette effervescence caractéristique, pas trop pour éviter l'effet savonnette.
L'accord central jasmin-rose-tubéreuse pourrait virer au potpourri dans de mauvaises mains. Ellena équilibre tout ça avec une précision d'horloger, ajoutant cette pointe d'iris qui poudre délicatement l'ensemble et ce muguet qui apporte une fraîcheur verte bienvenue. On sent la patte d'un parfumeur qui maîtrise son sujet — chaque matière première trouve sa place dans une architecture olfactive qui tient debout après presque 50 ans. Pas mal pour un premier essai côté joaillerie.
Ce bouquet floral qui divise encore aujourd'hui
Autant le dire tout de suite : First, c'est le genre de parfum qui ne laisse personne indifférent. En magasin, on constate que les réactions sont souvent tranchées. Les fans adorent cette générosité florale, cette façon qu'a le parfum de s'imposer sans demander la permission. Les autres trouvent ça trop, trop floral, trop présent, trop années 70. Et c'est exactement ce qui fait son charme — First n'essaie pas de plaire à tout le monde.
Cette polarisation vient en partie de sa composition aldéhydée qui donne ce côté pétillant, presque métallique en ouverture. Les aldéhydes, soit on accroche, soit ça nous évoque furieusement la lessive de grand-mère. Mais passé ce premier contact, First dévoile une richesse florale qui force le respect. La tubéreuse y est pour beaucoup — cette fleur capiteuse qui sent tantôt la crème, tantôt l'indole, selon la peau qui la porte. C'est cette imprévisibilité qui maintient First dans le peloton des parfums qu'on n'oublie pas.
Conseils d'application pour apprivoiser cette générosité
First, ça ne se porte pas n'importe comment. Déjà, oubliez l'application généreuse — deux pulvérisations suffisent largement. Une sur chaque poignet, et vous laissez faire. Ce parfum a cette particularité de se développer lentement, de prendre son temps pour déplier toutes ses facettes florales. Les premières minutes peuvent surprendre avec ces aldéhydes qui pétillent, mais patience — le vrai spectacle commence une demi-heure après l'application.
Question timing, First appelle les occasions qui comptent. C'est un parfum du soir avant tout, ou alors pour ces journées où vous avez envie de marquer le coup. Évitez les journées de canicule — la tubéreuse et les aldéhydes n'aiment pas les grosses chaleurs. En revanche, dès que les températures fraîchissent, First reprend tous ses droits. Automne et hiver lui vont comme un gant, période où cette richesse florale trouve tout son sens. Et si vous hésitez encore, testez-le en fin de journée — c'est souvent là qu'on comprend vraiment de quoi il retourne.












