
Silences
Eau de Parfum
5.0/5 | 2 avisCe produit est actuellement indisponible
Silences Eau de Parfum Sublimes de Jacomo...
Nouvelle fragrance, nouveau design, nouveau visuel, Jacomo réinterprête son mythe. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre…
L’Élégance éternelle incarnée par la beauté des notes florales : Rose Bulgare, Iris & Narcisse.
Un accord sublime projeté dans une dimension transparente, verte et moderne, composé de Galbanum & de Cassis en tête.
Une fragrance signée, tellement féminine, sur un fond boisé et musqué, aux accents de Santal & de Vétiver.
“Le secret, ce sont les silences ...Les silences recueillent l’émotion des corpscomme l’eau, à l’aube, capture les parfums de la nuit. Il y a quelques femmes qui savent ça...”
ALCOHOL, PARFUM (FRAGRANCE), AQUA (WATER), LIMONENE, ETHYLHEXYL METHOXYCINNAMATE, DIETHYLAMINO, HYDROXYBENZOYL HEXYLBENZOATE, CITRAL, CINNAMAL, LINLOOL, BHT

Notre avis expert
Jacomo silences fait partie de ces créations qui ne laissent pas indifférent. Lancé en 1978 par Jean-Claude Niel, ce floral vert assume une personnalité marquée dès les premières secondes. Le galbanum ouvre la composition avec une verdeur presque métallique qui surprend — certaines clientes me disent qu'il leur rappelle l'odeur des tiges de géranium écrasées entre les doigts. Cette note si particulière s'adoucit progressivement vers un cœur floral d'une rare sophistication. C'est exactement le genre de parfum qu'on conseille aux clientes qui cherchent quelque chose d'unique — et qui ne craignent pas d'assumer leur choix olfactif devant les remarques parfois étonnées de leur entourage.
Cette eau de parfum sublime joue sur les contrastes : la fraîcheur coupante des notes vertes laisse place à un bouquet de jacinthe, muguet et iris d'une élégance toute parisienne. Les notes de bergamote et cédrat apportent une dimension hespéridée qui évite l'écueil du trop-plein floral — un équilibre délicat que seuls les parfumeurs expérimentés maîtrisent vraiment. En boutique, on remarque que ce parfum divise souvent : soit les clientes tombent sous le charme de cette verdure assumée après quelques minutes sur la peau, soit elles préfèrent se tourner vers quelque chose de plus consensuel. J'ai même vu des femmes revenir le racheter des mois après l'avoir testé, comme si elles avaient eu besoin de temps pour l'apprivoiser.
La pyramide olfactive révèle une construction classique mais efficace : le galbanum et les notes vertes dominent l'ouverture pendant une bonne demi-heure, avant de céder la place à un cœur floral où se mêlent rose, jasmin et narcisse dans un ballet harmonieux. Le fond boisé-musqué (mousse de chêne, vétiver, santal) assure une tenue remarquable — on en sent encore des traces le soir après une application matinale, ce qui est rare pour un floral vert. Cette longévité exceptionnelle, qui dépasse facilement les 8 heures, justifie largement le statut d'eau de parfum et son prix légèrement plus élevé qu'une eau de toilette classique.
Après 46 ans d'existence, Silences reste une référence pour qui veut sortir des sentiers battus du floral moderne. C'est un parfum d'automne et de printemps, qui demande une certaine maturité olfactive pour être pleinement apprécié — je le déconseille généralement aux moins de 25 ans qui lui préfèrent souvent des compositions plus sucrées. En résumé : un classique exigeant qui mérite qu'on lui donne sa chance, surtout si vous aimez les parfums qui racontent une histoire.
L'univers olfactif
En savoir plus
Un héritage des seventies qui traverse les époques
Quand Jacomo lance Silences en 1978, la parfumerie féminine vit encore l'âge d'or des compositions sophistiquées. Cette époque privilégie les structures complexes et les matières premières nobles — exactement ce qu'on retrouve dans cette création de Jean-Claude Niel. Le parfumeur choisit alors de miser sur le galbanum, cette résine verte qui était la signature de nombreux classiques de la décennie précédente. Mais contrairement aux Vent Vert ou Aliage qui l'accompagnaient, Silences opte pour un équilibre plus nuancé entre verdeur et féminité.
Ce qui frappe quand on analyse sa longévité, c'est sa capacité à rester pertinent malgré l'évolution des goûts. On voit passer en boutique des filles de vingt ans qui craquent sur ce parfum après avoir senti tout ce qui se fait de moderne, et des clientes de soixante ans qui le portent depuis leurs débuts dans la vie active. Cette transversalité générationnelle est rare dans la parfumerie — elle témoigne d'une composition qui dépasse les effets de mode pour toucher à quelque chose de plus profond.
La verdure comme signature : décryptage d'une ouverture marquée
Le galbanum de Silences ne fait pas dans la dentelle. Dès la vaporisation, cette résine impose sa signature métallique et verte qui peut dérouter les non-initiées. C'est exactement le type d'ingrédient qui fait qu'un parfum "sent l'ancien" aux nez habitués aux compositions modernes plus sucrées. Mais cette verdeur brute est justement ce qui fait la force du parfum — elle plante un décor olfactif immédiatement reconnaissable et assume une forme de radicalité que peu de créations actuelles osent.
Les notes vertes qui accompagnent le galbanum apportent une dimension plus douce, presque herbacée, qui rappelle l'odeur des tiges cassées après la tonte. Cette association crée un effet de profondeur que les floraux contemporains, souvent construits autour d'accords plus simples, peinent à égaler. Quand on sent Silences les yeux fermés, on visualise immédiatement un jardin au petit matin, avec cette fraîcheur un peu humide qui précède les premières chaleurs du jour.
Le cœur floral : un bouquet d'exception entre classicisme et audace
Une fois passé l'effet de surprise de l'ouverture, Silences révèle un cœur floral d'une richesse remarquable. La jacinthe apporte cette dimension poudrée légèrement anisée qui évoque les parfums de grand-mère — mais pas dans le mauvais sens du terme. C'est une féminité assumée, presque théâtrale, qui contraste avec la verdure du départ. Le muguet et l'iris tempèrent cette puissance avec leur côté plus sage, plus lissé.
Ce qui rend ce bouquet particulièrement réussi, c'est l'équilibre entre les fleurs blanches (muguet, narcisse) et les plus colorées (rose, jasmin). On évite ainsi l'écueil du méli-mélo floral où tout se mélange sans hiérarchie. En boutique, je conseille souvent de laisser évoluer le parfum au moins une heure pour apprécier cette transition — les clientes qui jugent trop vite sur l'ouverture passent à côté de l'essentiel. C'est un parfum qui raconte une histoire en trois actes, et le deuxième est probablement le plus réussi.
Pourquoi Silences divise autant les amatrices
Honnêtement, Silences n'est pas un parfum consensuel. En douze ans de conseil, j'ai appris à repérer les profils qui vont l'adopter et ceux qui vont fuir au premier contact. Les habituées des floraux fruités modernes trouvent souvent sa structure trop "sérieuse", trop construite. C'est un parfum qui demande une certaine culture olfactive pour être apprécié — pas par snobisme, mais parce que sa richesse ne se révèle qu'à l'usage.
À l'inverse, les clientes qui cherchent à se démarquer des parfums mainstream tombent souvent sous le charme. C'est le type de fragrance qui fait qu'on vous demande "c'est quoi ton parfum ?" dans l'ascenseur — pas forcément par admiration, mais par curiosité. Cette capacité à marquer les esprits, même de façon controversée, est devenue rare dans une parfumerie de plus en plus formatée. Silences assume son côté clivant, et c'est exactement ce qui fait sa force auprès de celles qui le comprennent.








