
Polo
Eau de Toilette
5.0/5 | 1 avis
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Ralph Lauren et le Polo, une longue histoire d'amour
Le Polo, un sport à part entière
Lorsque l'on parle du polo, on pense le plus souvent à ce célèbre vêtement se rapprochant du T-shirt. Pourtant, là n'est pas sa seule signification. D'ailleurs, là n'est pas non plus son sens premier pour la marque Ralph Lauren. En effet, l'enseigne a choisi ce sport équestre comme emblème. En outre, le logo de Ralph Lauren n'est autre qu'un joueur de polo. Pour la petite histoire, sachez que ce sport a été découvert en 1871, en Inde, par un groupe d'officiers anglais. Il fut néanmoins légèrement réadapté par l'aristocratie britannique jusqu'à devenir le sport que nous connaissons aujourd'hui. Au-delà de l'esprit athlétique qu'il véhicule, le polo résonne également comme étant une distinction luxueuse. En effet, il s'agit d'une discipline le plus souvent pratiquée par des hommes aisés. Bien que celui-ci tende à se démocratiser, il reste, encore aujourd'hui, associé à l'image d'un sport d'élite. Aussi, Ralph Lauren semble se retrouver dans cette image. Le polo dégage, selon l'enseigne, un parfait mélange entre le dynamisme, le raffinement et le sens inné du goût. C'est donc en toute logique que Ralph Lauren a décidé de décliner ce sport en un parfum. Polo cible ainsi les hommes élégants, fonceurs et passionnés.
La signature unique élaborée par Ralph Lauren
Afin de créer son parfum Polo, en 1978, Ralph Lauren a fait appel au parfumeur Carlos Benaïm. Celui-ci a alors élaboré une fragrance puissante et inédite. Comme le laisse à penser la couleur verte intense de son flacon, Polo contient une odeur d'herbe fraîche. En l'occurrence, celle-ci émane directement d'un accord à base de basilic, d'origan, de thym et de coriandre. Néanmoins, Polo évolue rapidement vers un cœur composé de camomille et de marjolaine. Toutefois, des épices viennent décoiffer cet ensemble jusqu'alors trop sage. On y remarque, en l'occurrence, la présence soutenue de clou de girofle et de piment de Jamaïque. Puis, son odeur effervescente laisse place un fond plus chaleureux à base de mousse de chêne et de vétiver bourbon. Là, le patchouli associe son intensité à celle du cuir et du tabac. Le rendu en devient ainsi des plus sensuels et virils. Enfin, sachez également que cette essence a été de multiples fois revisitée. En 2008, Ralph Lauren célébra ses 30 ans en créant le jus Polo Modern Réserve. En 2014, il sublima encore son odeur de oud, un ingrédient résineux en provenance du Moyen-Orient. Enfin, 2015 vit naître l'apparition de Polo Supreme Leather, plus axé sur le cuir noble et tanné accompagné d’épices.
L'Eau de Toilette Polo de Ralph Lauren
Première eau de toilette pour homme créée par Ralph Lauren, Polo est devenu un grand classique, une fragrance ancrée dans la tradition mais extrêmement contemporaine.
Son départ herbacé frais et tonique laisse place à un cœur très masculin, cuir et tabac, qui se prolonge dans la finale boisée du patchouli et vient se fondre dans la profondeur et la chaleur de la mousse de chêne.
Notes : Pin du Canada, Eucalyptus, Coriandre, Origan, Clous de Girofle, Cèdre, Vétiver et Patchouli.
Notre avis expert
Ralph Lauren Polo incarne depuis 1978 l'élégance masculine américaine dans sa forme la plus authentique. Ce n'est pas qu'un parfum, c'est un art de vivre — celui du gentleman sportif, à l'aise en costume comme sur un terrain de polo. En boutique, on le reconnaît immédiatement : cette ouverture fraîche de baies de genévrier et de bergamote qui claque comme un grand air, suivie de cette signature cuir-tabac qui fait sa réputation. Carlos Benaïm a signé là une composition qui traverse les générations sans jamais paraître datée.
Un parfum qui divise autant qu'il fascine
Honnêtement, Ralph Lauren Polo ne laisse personne indifférent. En douze ans de conseil, j'ai vu des clients l'adopter au premier souffle et d'autres reculer devant sa puissance. Cette eau de toilette boisée chyprée assume sa masculinité assumé — le cuir au cœur, rehaussé par des notes de pin et de tabac, crée un sillage qui ne passe pas inaperçu. C'est exactement ce qui fait son charme : dans une époque où beaucoup de parfums masculins jouent la sécurité, Polo garde cette audace des seventies qui séduit ou déstabilise.
La composition révèle sa complexité au fil des heures. Les herbes aromatiques du départ (basilic, armoise, coriandre) dessinent un profil green sophistiqué, avant que le cœur ne bascule vers des accords plus sombres. Le poivre et l'œillet apportent cette pointe épicée qui réveille l'ensemble, tandis que les notes florales — jasmin et rose — adoucissent subtilement la virilité de l'accord cuir. Un équilibre maîtrisé entre force et raffinement qui explique pourquoi ce parfum continue de séduire près de cinquante ans après sa création.
On conseille souvent Polo aux hommes qui cherchent une signature olfactive marquée, assumée. C'est le parfum de ceux qui ne craignent pas qu'on se retourne sur leur passage. Attention toutefois au dosage — deux pulvérisations suffisent largement. Avec sa base de mousse de chêne, patchouli et vétiver, la tenue est exceptionnelle, parfois même trop présente pour les environnements de travail actuels. Un classique qui demande de la confiance en soi.
L'univers olfactif
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L'héritage d'une vision esthétique américaine
Quand Ralph Lauren lance Polo en 1978, il ne crée pas qu'un parfum mais matérialise toute une philosophie. L'homme américain qu'il imagine n'est ni le cow-boy du Far West ni l'homme d'affaires de Wall Street, mais ce personnage hybride qui évolue avec la même aisance dans les clubs privés de Manhattan et sur les greens de Southampton. Carlos Benaïm traduit cette vision par une composition qui mélange les codes — les herbes sauvages évoquent les grands espaces, le cuir rappelle les selles anglaises, le tabac les salons feutrés. Cette dualité entre nature et sophistication traverse toute l'œuvre de Ralph Lauren, et Polo en reste l'expression parfumée la plus aboutie.
Ce qui frappe quand on analyse la réception de ce parfum, c'est sa capacité à avoir traversé les modes. Les années quatre-vingt ont vu exploser les fragrances masculines puissantes (Kouros, Antaeus), les années quatre-vingt-dix ont privilégié la fraîcheur aquatique, les années deux mille ont misé sur la gourmandise. Polo a survécu à tous ces mouvements en gardant son identité intacte. Aujourd'hui encore, il attire une clientèle qui refuse les compromis olfactifs — des hommes de quarante ans et plus, principalement, qui préfèrent porter moins souvent mais porter juste. Un positionnement assumé qui explique sa longévité commerciale remarquable.
Anatomie d'une composition intemporelle
La pyramide olfactive de Polo révèle une architecture complexe qui justifie sa réputation de parfum de connaisseur. L'ouverture joue sur un contraste saisissant entre la fraîcheur citronnée de la bergamote et l'âpreté verte des baies de genévrier. Cette introduction est complétée par un bouquet d'herbes aromatiques — basilic, armoise, coriandre, carvi — qui dessine un profil méditerranéen inattendu. Ces notes, plutôt utilisées en cuisine qu'en parfumerie, apportent une dimension gustative qui intrigue et accroche l'attention. Un parti-pris audacieux qui annonce d'emblée la singularité de la composition.
Le cœur bascule dans un registre plus sombre avec cette fameuse note de cuir qui fait l'identité du parfum. Mais Carlos Benaïm évite l'écueil de la virilité monolithique en l'associant à des accords plus nuancés — les aiguilles de pin apportent une résine balsamique, la camomille une douceur herbacée, le poivre et l'œillet une épice raffinée. Les touches florales de jasmin et de rose, discrètes mais présentes, humanisent l'ensemble sans l'édulcorer. Cette stratégie de composition, qui consiste à tempérer chaque accord par son contraire, explique la richesse olfactive du parfum et sa capacité à évoluer différemment selon les peaux.
Polo face à ses héritiers et concurrents
Dans le monde Ralph Lauren, Polo occupe une position de patriarche respecté. Safari (1990) a tenté de moderniser la formule avec plus de fraîcheur, Purple Label (2003) a joué la carte du luxe discret, mais aucune création masculine de la maison n'a égalé l'impact culturel de l'original. Cette situation s'explique par le timing parfait de sa sortie — 1978 marque un tournant dans la parfumerie masculine, entre l'épuisement des fougères classiques et l'émergence des compositions plus complexes des années quatre-vingt. Polo arrive au bon moment avec la bonne intensité, créant un précédent qui influence encore aujourd'hui les lancements de la marque.
Face à la concurrence directe, Polo maintient sa spécificité grâce à cet accord cuir-tabac qui reste sa signature exclusive. Aramis (1966) avait ouvert la voie des masculins cuirés, mais avec une approche plus animale. Azzaro pour Homme (1978) mise sur une lavande-mousse plus méditerranéenne. Certaines références premium de la même époque poussent quant à elles le curseur davantage vers l'animalité. Polo trouve son équilibre dans cette masculinité policée, aristocratique, qui séduit sans choquer. Une position de marché qui lui permet de rester pertinent même face aux nouveautés les plus tapageuses — quand on veut du caractère sans vulgarité, on revient souvent à lui.
Le profil de l'amateur de Polo aujourd'hui
Après plus de quatre décennies d'existence, Polo s'est forgé une clientèle fidèle aux contours bien définis. En boutique, on remarque que ses acheteurs appartiennent majoritairement à une génération qui a connu l'âge d'or des parfums de caractère — hommes de quarante-cinq à soixante-cinq ans, souvent issus de milieux aisés, qui considèrent le parfum comme un investissement plutôt qu'une consommation. Ces clients cherchent une signature olfactive distinctive, quitte à limiter leur usage aux occasions importantes. Ils préfèrent porter Polo trois fois par semaine plutôt qu'une eau fraîche quotidienne sans personnalité.
La transmission générationnelle fonctionne aussi, mais de manière sélective. Les fils qui adoptent le parfum de leur père le font généralement après trente ans, quand ils assument pleinement leur masculinité et recherchent des références durables. Cette clientèle plus jeune adapte l'usage : application plus légère, port occasionnel, souvent en soirée ou week-end. Elle apprécie l'héritage culturel du parfum autant que son olfaction — porter Polo, c'est revendiquer une certaine idée du style masculin intemporel. Un positionnement qui explique pourquoi, malgré son âge canonique, ce parfum continue d'attirer de nouveaux adeptes chaque année.

















