Parfum CARON

Caron, une marque mythique, mélange de tradition et de raffinement

Créée par Ernest Daltroff, la marque Caron fait aujourd'hui parti intégrante de notre patrimoine. Tout commença en 1902 lorsque celui-ci acheta, avec son frère Raoul, une mercerie parfumerie, rue Rossini, à Paris. Il décida d'appeler sa boutique Caron, nom de l'ancienne propriétaire, Anne-Marie Caron. Marié à Félicie Wanpouille, il confectionna alors avec elle de nombreux flacons de la marque, en collaboration avec Baccarat. Néanmoins, juif d'origine, il fut obligé de quitter la France en 1939. C'est sa femme qui reprit alors les rênes de la société jusqu'à son décès, en 1967.

Le style des parfums Caron

Contrairement à de nombreuses maisons de luxe, Caron est spécialisée depuis son lancement dans la confection de parfums. Si la parfumerie couture est aujourd'hui devenue très populaire, Caron incarne plus la parfumerie historique. Cette enseigne se plaît à élaborer des fragrances traditionnelles associant des produits de synthèse à des éléments naturels. Bien que ses créations soient très diversifiées, Caron y intègre souvent sa signature odorante, composée de géranium, de réglisse, de cuir, d’iode et de vanille. Ce mélange se nomme « Mousse de Saxe » et est devenu l'emblème de cette enseigne.

Les principaux succès de Caron

Avec cette histoire plus que centenaire, vous vous imaginez bien que Caron est à l'origine de nombreux succès. Parmi ses plus belles compositions, l'enseigne peut se targuer d'avoir réalisé Tabac Noir en 1948, Pour un Homme en 1934, Pour une Femme en 1949 et Muguet de Bonheur en 1954. Ces créations sont toutes classiques mais intemporelles, révélant le patrimoine et le savoir-faire uniques des ateliers Caron. Mieux que n'importe quelle autre enseigne, celle-ci se veut le parfait écho de la Haute Parfumerie Française.

Caron, deux syllabes qui rythment une palette de bouquets raffinés et évoquent des effluves magiques et inoubliables.

Avant-gardiste, en harmonie avec l'art et la mode, inspiré par les exploits qui ont marqué le XXème siècle, Caron s'est adapté aux bouleversements des moeurs tout en restant fidèle à sa tradition, et relève le défi de restaurer l'art du parfumage.

On ne peut que succomber à cette onde de choc, ce retour des vrais parfums.

L'Histoire

Caron, cette parfumerie emblématique de la France du 20e siècle

Fondée au début du 20e siècle, la maison Caron incarne ce parfum à la française que le monde entier nous envie entre luxe, sophistications et élégances ultimes. Du parfumeur amoureux Ernest Daltroff à sa belle muse Félicie Wanpouille, la maison Caron incarnera durant des décennies ce parfum qui se dévore du nez et la fameuse poudre que démocratisa la maison par ses multiples inventions. Aujourd’hui la maison Caron continue à briller par la passion d’un maître parfumeur qui a su redonner au 21e siècle à la maison tout son faste d’antan.

Ernest Daltroff, ce parfumeur aux multiples talents

Les premiers pas d’Ernest Daltroff dans la parfumerie

Ernest Daltroff est né en 1867 en France, bien que sa famille soit originaire de Russie. L’homme vivra une enfance heureuse qui le poussera à poursuivre des études de chimie. Mais Ernest Daltroff veut découvrir le monde et il entreprendra rapidement de multiples voyages au Moyen-Orient et en Amérique.

Lorsqu’il reviendra de son périple avec des senteurs multiples en tête, il fera le choix de reprendre une petite parfumerie d’Asnières du nom de Maison Emilia.

La naissance de la maison Caron

Le jeune entrepreneur a plus d’ambition que la région parisienne et souhaite toucher une clientèle plus aisée. C’est ainsi qu’il fera le choix un an plus tard, en 1903, de s’installer au 10, rue de la Paix à Paris en nommant cette fois sa parfumerie Maison Caron. Ernest Daltroff fera le choix de ce nom car utiliser son propre nom, d’origine juive, est déjà très compliqué à cette époque et de plus, Caron est un nom court qui se mémorise facilement et qui se prononce dans toutes les langues.

Peu de temps après l’ouverture de sa boutique Caron, Ernest Daltroff fit la rencontre de la styliste de chapeaux Félicie Wanpouille dont il tombera éperdument amoureux. La dame a de plus l’avantage indéniable de connaitre tous les grands noms de la mode de l’époque, ce qui permettra à Caron d’acquérir rapidement une belle notoriété.

La maison Caron et le maquillage

L’invention de la poudre pompon et la première poudre libre Caron

Si la maison Caron se destina de façon évidente vers la parfumerie, Ernest Daltroff se consacrera aussi à l’univers du maquillage en inventant dès 1906 le « pompon poudre », ce fin sachet de tissu qui permettra aux femmes de pouvoir s’appliquer de la poudre de riz de façon facile et où qu’elle soit, grâce à une mini houppette en plumes d’oies offerte pour l’achat de la poudre.  

Rapidement, il fera en sorte que cette poudre soit parfumée à la rose de Bulgarie puis avec les fragrances des parfums Caron les plus prisés. Rapidement aussi, il travaillera sur la texture même de cette poudre afin de la rendre plus fine que jamais et c’est ainsi qu’on attribua en 1910 à la maison Caron la naissance de la première poudre libre.

Caron ou l’innovation au service de la beauté des femmes  

En 1933 le poudrier de sac Le Moderniste apporte aussi du renouveau au maquillage en rendant la poudre Caron plus facile que jamais à emporter. Mais la maison Caron innovera aussi en apportant aux femmes le moyen de choisir leur poudre en fonction de leurs types de peaux comme avec « Madame Peau Fine » ou « Mademoiselle Peau Fraîche ».  

Que cela soit par le poudrier en lui-même qui au fur et à mesure des années se fera bijou pratique et compact, par la texture de plus en plus étudiée des poudres ou bien encore par la douceur incomparable des fameux « pompons », la maison Caron s’est imposée au 20e siècle comme un des leaders de la poudre libre. Tant et si bien qu’aujourd’hui encore, un salon est uniquement dédié à ces poudres dans la Maison Caron, poudres qui demeurent encore aujourd’hui les plus fines du monde !  

Les parfums Caron

Les premiers flacons Caron

Ernest Daltroff a rapporté des milliers de souvenirs olfactifs de son voyage autour du monde et il compte bien les faire exister en des parfums féminins précieux. En 1911 sortira ainsi le tout premier flacon Caron, Narcisse Noir. Le parfum exhale des senteurs animales encore inédites ainsi que des fleurs puissantes, envoûtantes, très féminines et surtout totalement révolutionnaire. À tel point que l’actrice américaine Gloria Swanson exigera que tous les studios de tournage de son film Sunset Boulevard en soit embaumés, et ce sera d’ailleurs la première à en faire la publicité dans ce même film en susurrant son nom d’une voix sensuelle.

Tabac Blond et Royal Bain de Champagne, la femme s’émancipe en parfum

Poussé par le succès de sa maison comme par son amour grandissant pour la belle Félicie Wanpouille, Ernest Daltroff va continuer à offrir des parfums d’exception à la maison Caron, tout en participant à sa façon à libérer les femmes de leurs carcans. En 1919, il proposera le brûlant Tabac blond, un des premiers parfums féminins à exhaler une note de cuir tout en offrant à la femme le moyen de jouer les « garçonnes », chose difficilement inimaginable dans ce monde. Mieux encore, la maison Caron proposera à l’Amérique de la prohibition des années 20, un flacon nommé malicieusement Royal Bain de Champagne… faute de le boire les femmes pourront en parfumer l’eau du bain !

Enfin en 1932, Caron rendra hommage aux exploits féminins, encore très rares, en composant En Avion à destination de l’aviatrice Hélène Boucher, qui affirmait à l’époque que sans ce parfum elle n’aurait pas trouvé la force de se dépasser afin de faire sa légendaire de l’Atlantique.

Les parfums mythiques de la maison Caron durant les années 30

Fleurs de Rocailles, le parfum préféré de Vivien Leigh

Les femmes des années 30 cherchent une nouvelle féminité, plus aérienne et plus sensuelle et justement le parfumeur de la maison Caron est amoureux d’une femme comme celles-là, Félicie Wanpouille, bien sûr ! Alors il composera autour de la nouvelle molécule d’aldéhydes (mise en évidence dans N°5 de Chanel quelques années plus tôt) une brassée de fleurs légères et délicates mais aussi solaires et sensuelles, et le joli Fleurs de Rocaille qui viendra séduire ces dames avec poésie. À tel point que les plus grandes actrices se l’arrachent, telle l’héroïne d’Autant en emporte le vent, Vivien Leigh, qui affirma que Fleurs de Rocaille était son parfum préféré.

Pour un Homme

« C’est le yin et le yang, le chaud et le froid. L’absolu de lavande à l’accent glacé et métallique est collé à une vanille entêtante et tropicale. » Jean-Marie Martin-Hattemberg auteur d’un livre consacré à la maison Caron à propos de Pour un Homme.

Car, oui, Pour un Homme sorti en 1934 a tout d’un parfum novateur, il s’adresse aux messieurs, exhalent une fraîcheur aromatique intense et une virilité encore inconnue jusqu’alors grâce aux notes vanillées, aux notes animales et boisées. Rapidement Pour un Homme va déchainer les passions et devenir le parfum des hommes qui suivent la mode. C’est tellement vrai qu’aujourd’hui encore, Pour un Homme est le bestseller de la maison Caron et un des parfums préférés des hommes au 21e siècle.

Félicie Wanpouille, la nouvelle artiste de la maison Caron 

Le règne absolu de la muse de Daltroff sur la maison Caron 

Outre son importance capitale dans le cœur et l’inspiration du parfumeur Ernest Daltroff, Félicie Wanpouille est une femme du monde qui fera briller l’aura de la maison Caron parmi les grands. Cependant la femme que l’on nomma souvent « Madame Daltroff » montrera après l’exil forcé du parfumeur durant la Seconde Guerre mondiale, qu’elle est elle aussi une grande femme d’affaires.

Car malheureusement Ernest Daltroff ne reviendra pas de son exil et mourra seulement deux ans plus tard après être parti de France en 1941. C’est donc sa muse qui prendra avec courage et rigueur les rênes de la maison Caron, tant et si bien que la marque lui appartiendra jusqu’en 1962.

Les années 80 et la première boutique Caron à Paris

La vente de la maison Caron à des banquiers suisses a chamboulé la maison Caron et les années qui s’en suivirent furent compliquées pour la marque. Cependant en 1979, Sandy Bertrand ouvrira la toute première boutique Caron avenue Montaigne afin d’ériger un temple du luxe et du parfums où des fontaines de Baccarat feront couler les précieux liquides.

Puis après avoir changé plusieurs fois de propriétaires, c’est finalement le parfumeur Patrick Alès qui en deviendra le propriétaire en 1998 et qui redonnera vie à la créativité de cette exceptionnelle maison en sortant enfin, après des décennies d’absence, un nouveau parfum, L’Anarchiste.

 

Aujourd’hui portée par le talent de son parfumeur attitré Richard Fraysse, la maison Caron affiche une incroyable modernité grâce à de nouvelles créations parfumées mais aussi grâce à des déclinaisons très modernes de ses parfums phares. Bien que fortement déstabilisée durant plusieurs décennies, il semblerait bien que la maison Caron se soit de nouveau et durablement installée pour longtemps dans le paysage de la parfumerie française.